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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Que veut dire mettre au point une spiritualité « liquide » ?

28 Mai 2026, 06:00am

Publié par Henri Bacher

 

L'eau est mentionnée dès le départ dans la Bible, déjà dans les deux premiers versets de la Genèse :
Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre. La terre est comme un grand vide. Elle est dans la nuit. Une eau profonde la recouvre. Le souffle de Dieu se tient au-dessus de l'eau. En prenant le thème de l'eau, donc celui de l'élément liquide, nous faisons bien la différence entre le souffle de Dieu, qui n'est pas à confondre avec l'eau, création divine. Donc, pour comprendre nos analogies « liquides », il faut toujours les mettre dans le contexte de la création et de la parabole. Avec un axe principal qui est celui du liquide, qui représente à la fois la spiritualité inspirée par Dieu, mais mise au point par les hommes. 


Attention cet article est construit avec des images paraboliques, dont il ne faut valoriser que la pointe. C'est la plupart du temps une approche caricaturale.


L'eau est un élément liquide distinct dont la définition chimique est H₂O.
O 
Elle est destinée à se mélanger avec des tas d'autres composants, sans perdre sa personnalité d'origine. Ainsi en est-il de la spiritualité chrétienne qui est appelée à se mélanger avec des personnalités, des cultures qui de base n'ont pas la même composition. Ainsi le sable, mélangé à du ciment, ne peut devenir béton qu'avec de l'eau. Une couleur de type pigment ne peut servir en peinture qu'à condition d'être diluée à l'eau. Une société stable, équilibrée, forte pour résister aux intempéries de la vie ne peut se construire qu'avec la spiritualité chrétienne.


L'homme ou la femme et l'église fonctionnent comme une bétonneuse
 

L'eau, le liquide créé par Dieu, c'est notre capacité de saisir avec notre intelligence, nos émotions le divin. (Voir la sélection de textes bibliques en fin d'article). Mais cette perception du divin, qui se retrouve dans toute religion terrestre, doit être soutenue par le souffle, que nous appelons dans le christianisme Saint-Esprit. Mais c'est à nous de mélanger cette compréhension du divin à la réalité de nos vies. Nous pouvons y apporter nos « sables » émotionnels, mais c'est à nous de les mélanger et avant tout de savoir doser les ingrédients. Le souffle de Dieu peut nous guider, nous enseigner comment le faire, mais c'est à nous de tourner la manivelle ou le moteur de la bétonneuse. Cette manivelle a plusieurs fonctions, dont celle de sanctifier le chrétien ou la chrétienne.

Le problème, c'est que toutes les religions n'amènent pas à une relation avec Dieu. Le seul endroit pour vérifier si le divin que nous professons est celui du Dieu Créateur, c'est la Bible. Méfiez-vous de l'« eau » que d'autres religions ou spiritualités vous proposent. Si elle n'est pas d'origine, le mélange ne prend pas ou est très instable lorsqu'on l'utilise.


Dans l'histoire humaine, le liquide divin ne s'est pas toujours répandu au compte-gouttes


Ce sont des réveils qui ont déboulé. Remarquez que l'eau ne monte pas, elle descend toujours. La spiritualité avec laquelle Dieu nous inonde, nous alimente, vient toujours d'en haut. Elle ne monte pas de la terre, elle n'a pas pour origine l'action des humains. Pentecôte a été un de ces réveils, mais plus tard dans l'histoire de l'église, il y en a eu d'autres.


Tout l'art que Dieu a aussi dévolu aux humains, c'est la régulation du flux divin

Nous n'avons pas été conçus comme des robots spirituels, mais comme des co-entrepreneurs pour manifester l'amour de Dieu aux humains. Alors, les religions chrétiennes ont essayé de canaliser et de maîtriser le flux divin.

Avant la Renaissance et l'avènement des Réformes protestantes, le monde occidental chrétien s'est tellement macqué avec les politiques que l'eau « chrétienne socioculturelle » a rempli toute la réalité humaine en partant de l'église, en passant par la sphère religieuse, artistique, économique, que cela en est devenu un marécage. Pour donner l'illusion qu'on est toujours en église, on a créé une sorte de plateforme qu'on superpose au marais. Elle surnage sur le marais, mais ne le transforme pas, ne l'assèche pas. Cette plateforme était composée de moult rituels que l'Église avait mis au point. Elle fonctionnait plutôt comme illusion, comme « doliprane » pour s'extirper de la souffrance humaine. C'est là qu'on retrouve la caricature de l'image, parce que le marais est un biotope extraordinaire.

À la Renaissance, s'en est suivie une nouvelle structuration de la spiritualité. Les réformateurs comme Calvin, Luther et Zwingli sont remontés dans la montagne pour capter l'eau à la source, c'est-à-dire directement dans la Bible. Ils étaient servis par l'invention de l'imprimerie. Les Réveillés du 19ᵉ siècle ont encore plus accentué cette remontée à la source, voulant être encore plus littéraux que les braves réformés qui s'étaient donné quelques libertés avec le texte biblique.

En fait ce qui s'est passé, c'est que la structuration du flux divin s'est faite avec l'aide du levier technologique de l'imprimerie et plus tard de l'école et le marécage du Moyen Âge s'est transformé en bibliothèque. Et c'est là que s'est produit le même phénomène qu'avec les politiques au Moyen Âge : c'est l'école qui a pris le pouvoir dans l'église à tel point que pour être chrétien, il vaut mieux savoir lire. Tout le vocabulaire utilisé dans l'église actuelle est celui de l'école républicaine : le pasteur ou la pasteure est enseignant·e, on étudie, on explique la Bible. Pour être reconnu, il vaut mieux avoir publié au moins quelques bouquins. On va à l'école du dimanche (heureusement que ce vocabulaire pour les enfants a quand même un peu évolué), etc.


Que faut-il entreprendre pour sortir de l'école et de la bibliothèque ?

Toute orientation fondamentale dans l'église a la plupart du temps commencé par des destructions. Déjà le Christ a minimisé, pour ne pas dire détruit, les 613 lois du judaïsme pour les remplacer par deux lois sur l'amour. Les réformateurs protestants ont jeté et brûlé bien des statues, des objets artistiques pour faire la place à l'imprimé. Dans notre culture du numérique, il n'y a pas besoin de brûler les livres, ils sont déjà marginalisés parce que les réseaux sociaux nous désapprennent à lire et favorisent une spiritualité liée à l'émotion, aux images. C'est une forme de destruction.


Quelles pourraient être les solutions ?

Il faut à nouveau libérer l'eau pour la laisser se frayer librement son chemin dans le cœur des humains. Vous allez me taxer d'utopiste, sauf que pour moi, l'eau du fleuve, pour circuler, tient compte de la géologie. Chaque être humain a sa propre « géologie » interne dont le Saint-Esprit tient compte. Dieu, avec le Saint-Esprit, cherche à s'adapter premièrement à nous, alors que l'école demande à l'élève de s'adapter à l'enseignement scolaire et à son contenu. Notez que le chemin ou la route à gauche de l'image s'adapte au tracé du fleuve. Ce qui voudrait aussi dire qu'il faudrait peut-être développer des communautés qui s'adaptent à la configuration socioculturelle (géologique) d'un groupe de personnes. Églises de plaine ? Églises de montagne ? Églises dans le désert ? Églises de marécages ? Églises dans la jungle ? Églises dans l'arc arctique ? Etc. Il faudrait voyager entre ces différents types de communautés et surtout avoir du plaisir à les visiter, comme on a du plaisir à découvrir de nouveaux paysages. On peut aimer Dieu ou son prochain dans un désert, comme sur des rochers. L'école et par ricochet l'église ont été contaminées par cette illusion républicaine que le système scolaire allait pouvoir niveler une société pour la rendre parfaitement gérable. Hélas, ni en s'associant aux politiques, ni en scolarisant toute personne on arrive à créer une société parfaite. Le numérique et les réseaux sociaux ne vont pas plus que l'école ou les politiques être le vecteur idéal pour évangéliser le monde. En plus que l'épine dorsale du numérique va être liée à l'argent comme propulseur et niveleur universel. Et celui-ci, il va être plus puissant que les prédécesseurs instruments de domination.

La bonne nouvelle
O
Aucune personne ne peut vivre sans eau.
L'eau est universelle.
O Elle est disponible depuis la création du monde sur toute la terre.

O Elle s'adapte à toutes les configurations « géologiques », à tous les humains.
O Elle se transporte facilement, mais nécessite des contenants adaptés. On ne transporte pas l'eau dans du carton et je dirais avec un brin de malice qu'on ne peut pas transporter l'eau avec une feuille de papier. On peut juste la décrire. Mais on ne peut non plus la numériser. Regarder un clip vidéo d'une rivière ne permet pas de la consommer. Nous entrons dans l'ère du Saint-Esprit qui seul peut nous abreuver (Jean 3:5).

 


Pour conclure, une appréciation négative des cultures liées à l'imprimerie et maintenant au numérique

Créée par l'auteur du post avec l'IA

Le dragon à deux têtes représente les deux dernières cultures, celle de l'imprimerie et celle du numérique. Du fait qu'elles sont actionnées, diffusées par des leviers technologiques, elles acquièrent une puissance impressionnante et elles sont de moins en moins un service pour l'église. Le dragon survole l'église et le fleuve. Elle risque de se faire dévorer par l'Antichrist qui saura utiliser ces deux cultures à son avantage.


Une sélection de références bibliques pour l'eau

O – Jean 3:5 – « né d’eau et d’Esprit » (naissance spirituelle / salut). 
– Jean 4:10-14 – Jésus et la femme samaritaine : « eau vive » qui donne la vie éternelle. 
— Jean 7:37–39 : « des fleuves d’eau vive » jailliront de ceux qui croient (l’Esprit). 
– Actes 2:38 – repentir et baptême au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés. 
– Romains 6:3-4 – baptême comme participation à la mort et résurrection du Christ. 
– 1 Pierre 3:20–21 – le baptême qui « sauve » (image du déluge et de l’arche). 
– Tite 3:5 – « lavage de la régénération et du renouvellement du Saint-Esprit ». 
— Ézéchiel 36:25–27 — Dieu dit : « Je vous aspergerai d’eau… », purification et don d’un cœur nouveau. 
– Isaïe 12:3 et Isaïe 55:1 – images invitant à boire l’eau du salut / vie. 

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