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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

L'IA va-t-elle définitivement détrôner l'écrit et mettre la Bible en péril ?

1 Juin 2026, 06:00am

Publié par Henri Bacher

Désolé de le répéter à longueur de posts, nous sommes dans un bouleversement socioculturel qui affectera durablement tout le tissu théologique, culturel, financier de nos communautés évangéliques. Le pire, jusqu'à maintenant, c'est que nos communautés qui s'inspiraient du système scolaire pour se développer avaient comme modèle une activité liée à la gratuité. L'école républicaine était gratuite. Ce qui n'est plus le cas, pour l'église, boostée par une culture numérique profondément labourée par Mamon.

@joiechinois L’IA en Chine est en train de remplacer les vrais acteurs !Qu'est-ce que vous en pensez ? Dites-moi tout en commentaire ! 👇 #chine #ai #ia #actu #acteurs ♬ 原創音樂 - JoieChinois

Que nous dit cette jeune femme chinoise sur notre avenir ?
Nous serons mangés tout crus par le levier technologique de l'IA ou plutôt des IA, au même titre que l'invention de l'imprimerie a détruit un nombre impressionnant d'activités, de métiers (par exemple les enlumineurs, etc.) de pratiques, celles de méditer en marchant. On n'imagine pas ce que les calvinistes, les luthériens, les zwingliens ont détruit comme objet d'art, sous prétexte que le texte était devenu le roi de la culture à qui tout le monde devait se soumettre. On est bien d'accord qu'à un moment donné il a fallu faire le ménage dans l'obscurantisme médiéval, mais tout n'était pas à jeter dans la poubelle. Aujourd'hui aussi le roi de l'écrit et de la lecture devient de plus en plus nu, avec ses vêtements académiques, scolaires, mais ce n'est pas en l'habillant d'un costume télégénique, scénique, féerique, qu'on changera la donne. Il ne suffit pas d'encourager la lecture, puisque l'IA la détruit à vue d'œil. Il ne faut pas non plus carrément sauter et favoriser le numérique à tout va. Ce qu'on pourrait reprocher aux calvinistes et à leurs collègues luthériens et autres, c'est de n'avoir pas essayé de développer une théologie et une pratique qui ne soient pas une copie conforme de la manière de penser de la culture héritée de la Renaissance. Ce fut le même cas pour les Réveillés du 19ᵉ siècle. Quand un théologien évangélique contemporain qui explore la spiritualité du chemin de Compostelle me dit qu'il est boudé par les évangéliques classiques, je trouve qu'on manque de sagesse. Le problème des leviers technologiques comme l'imprimerie et maintenant le numérique, c'est qu'ils sont hégémoniques, avec très peu d'ouverture sur ce qui est autre que leurs concepts d'origine. À Genève, Calvin a interdit de choisir le nom de Marie ou de Joseph pour son enfant. Ceux qui n'adhéraient pas à la spiritualité calviniste devaient quitter définitivement la ville.

Si on ne prend pas le taureau par les cornes, on va sombrer, et spécialement en relation avec la lecture et l'étude de la Bible.
O Nous essayons depuis des lustres de sensibiliser les responsables de nos communautés à trouver des solutions pour que la Bible ne parte pas avec ces livres poussés par le « caterplilar » numérique. Il faut apprendre à reconditionner l'approche biblique. De plus c'était assez facile pour un pasteur ou une pasteure de sélectionner un texte et de l'expliquer. Avec le nombre de possibilités d'interprétation qu'on retrouve sur le net, ils n'avaient que le choix de se servir.
O L'autre péril qui se pointe à l'horizon, c'est que l'IA, avec son potentiel d'autocréation, va fragiliser la transmission des savoirs théologiques. Pour écrire un livre, il faut avoir des compétences culturelles, intellectuelles avec de longs processus de vérification par des éditeurs. Avec l'IA et en sachant travailler avec des prompts, on laisse ses propres compétences, sans contrôle, sans vérifications, à des robots qui ne pourront pas, comme un éditeur, mettre des bémols sur certaines affirmations.


Clip vidéo
On panique de se faire remplacer par l'IA

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