Quand les leviers technologiques comme l'imprimerie et maintenant le numérique préparent la venue de l'Antichrist
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Le clip qui nous servira de point de départ à notre analyse a été diffusé sur Quotidien et il donne la parole à la neuropsychologue Sylvie Chokron. Elle rejoint en partie ce que l'éminent théologien Jacques Ellul met en lumière avec les questions technologiques du futur. Sauf que Jacques Ellul omet de mettre en question l'imprimerie qui fut, en fait, le premier levier technologique, faisant partie du socle, qui selon mon analyse va vers la constitution du piédestal de l'Antichrist.
@quotidienofficiel La neuropsychologue Sylvie Chokron, directrice de recherche au CNRS, nous parle de l'effet de l'IA sur nos capacités intellectuelles.
♬ son original - Quotidien
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En résumé, quelques bonnes réflexions de Jacques Ellul
O Il voit la technique comme un phénomène autonome et totalisant : elle n’est pas seulement des machines, mais un système de moyens organisé autour d’un critère unique — l’efficacité — qui finit par structurer toute la société et les comportements humains.
O Principaux points :
– La technique est auto‑augmentante et cohérente : chaque innovation engendre d’autres techniques pour optimiser le processus.
– Primauté de l’efficacité : toute décision tend à se réduire au calcul technique.
– Neutralité illusoire : la technique se présente comme neutre, mais elle impose des choix sociaux et humains (homogénéisation, standardisation, perte d’autonomie).
– Conséquences anthropologiques et politiques : aliénation, réduction de la liberté, domination des institutions et facilitation de la propagande.
– Attitude critique sans rejet total : Ellul analyse les mécanismes et appelle à une prise de conscience éthique et spirituelle.
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Voici quelques florilèges relevés du temps de l'invention de l'imprimerie par Gutenberg
O Principales réactions négatives
– Peur de la diffusion de l’hérésie et de l’erreur : l’imprimé permettait de multiplier rapidement des textes non contrôlés par les autorités religieuses.
– Craintes de perdre le monopole intellectuel des clercs : les moines copistes, les clercs universitaires et certains prêtres voyaient la diffusion large des livres comme une menace à leur rôle d’interprètes et de gardiens du savoir.
– Soupçons sur la qualité et l’exactitude : les savants craignaient les fautes de copie massives et la propagation d’éditions défectueuses.
– Réactions morales et sociales : inquiétude que la lecture en langue vernaculaire affaiblisse l’autorité latine et rende accessibles au « grand public » des idées subversives.
– Mesures de contrôle : apparition précoce de tentatives de régulation (licences d’impression, censures locales) et, au 16ᵉ siècle, d’instruments plus formels comme l’Index des livres interdits.
O Personnes et acteurs (exemples)
– Les communautés monastiques et les copistes : résistance corporative à l’abandon du travail de copie.
– Universités et autorités locales : plusieurs universités ont essayé de réglementer l’impression et la distribution sur leur territoire.
– Institutions ecclésiales : papes et évêques ont rapidement adopté la censure comme réponse (les mesures culmineront plus tard avec l’Index librorum prohibitorum, formalisé au 16ᵉ siècle).
– Quelques voix individuelles : si beaucoup d’intellectuels se réjouirent de l’imprimerie (Erasme, Luther l’utilisèrent), d’autres érudits et conservateurs exprimèrent des réticences publiques ou privées.
– Ces oppositions sont souvent documentées dans des lettres, statuts universitaires et édits municipaux plutôt que par des manifestes célèbres.
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On retrouve chez Sylvie Chokron un peu ces réticences relevées avec les clers de la Renaissance
O Dans l’interview de Sylvie Chokron, ce qui m’a frappé, c’est sa crainte qu’on confie à l’IA la place de leader dans le champ de la pensée. Pour nous, par ricochet, la diffusion et le formatage de la spiritualité — par paresse, certains s’en remettent à elle. Mais la réalité est plus nuancée : mon image principale, par exemple, a été générée par une IA, mais après un travail personnel sur le concept visuel et sa pertinence théologique. L’IA n’a pas pris la place de ma réflexion ; elle a agi comme une feuille blanche et de l’encre. Je suis celui qui décide ce qui doit être inscrit. L’IA peut proposer du contenu, mais le dernier mot m’appartient, sauf à accepter l’autorité de l’IA et de ceux qui la contrôlent. L’imprimé a manipulé autant que le numérique.
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La faiblesse du raisonnement de Jacques Ellul
O Elle tient à ce qu’il utilise lui‑même des moyens techniques pour diffuser sa pensée : ses écrits sont imprimés et largement diffusés. À son insu, il retombe dans les mêmes travers qu’il critique. Le numérique n’aurait pas émergé sans la longue tradition de l’écrit et de l’imprimé ; on peut même dire que le numérique est, en quelque sorte, l’héritier de l’écrit et de l’institution scolaire. L’idée d’une « neutralité » de la technique qu’il dénonce vaut tout autant pour le texte écrit. Ainsi, la Bible imprimée — navire amiral de la spiritualité évangélique — a longtemps paru intouchable comme support culturel, alors qu’en réalité l’écrit a lui aussi façonné, souvent à notre insu, les manières de transmettre la foi, indépendamment du travail des théologiens et des exégètes. Le travail avec l'écrit et la lecture a complètement marginalisé l'oralité qui fut le grand moteur de la spiritualité de l'Ancien Testament.
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Pour moi la culture du livre et maintenant celle générée par le numérique sont les deux socles de l'avènement de l'Antichrist.
Pourquoi parler d'Antichrist alors que ce sujet n'a apparemment rien à voir avec la culture ? Ellul voyait juste lorsqu'il parle d'un système de moyens organisé autour d’un critère unique qui finit par structurer toute la société et les comportements humains.
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Le critère unique dont l'Antichrist a besoin, c'est celui de se faire comprendre
O Les cultures sont des instruments de standardisation pour développer un « langage » que le monde entier maîtrise. L'imprimerie a permis le développement du système scolaire et celui-ci est devenu un modèle standard mondial. Il a été repris, en l'adaptant, par tous les pays. La numérisation liée au numérique a encore un impact supérieur dans ce rôle de standardisation. Pas de domination mondiale sans « langage » mondial.
O Ce qu'il faut relever, c'est la vitesse des évolutions en relation avec ce langage. L'imprimerie a mis presque six siècles pour imposer le livre comme reine de la culture, l'industrie et la culture liées au numérique n'ont que quelques décennies et elles ont déjà une portée mondiale. L'Antichrist aura juste besoin d'un bouton pour favoriser ses followers et d'un autre pour éliminer ses opposants. Monsieur Trump ne sera qu'une pâle figure de potentat mondial.
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Petit bémol quant aux conclusions de Sylvie Chokron
O Elle avance des arguments parfaitement recevables, mais en même temps elle analyse à partir de son propre socle culturel, comme l'a d'ailleurs fait Jacques Ellul et comme l'ont fait les intellectuels du Moyen Âge lors de la Renaissance. Par exemple, elle ne conçoit pas qu'on puisse élaborer des pensées hautement pertinentes dans la sphère IA sans être manipulé par celle-ci ou déchu de nos facultés humaines de critique, d'évaluation, etc. Bien sûr, l'IA et ceux qui vont l'utiliser sortiront d'autres approches que seul l'IA pourra aider à développer. Comme l'imprimerie a permis de développer une nouvelle théologie, l'IA et les réseaux sociaux vont permettre l'émergence d'une nouvelle ère de spiritualité dont le Saint-Esprit sera le moteur.
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Comment se comporter vis-à-vis de telles évidences ?
O Faire comme les Érasme, les Luther, les Calvin : sauter à pieds joints dans la nouvelle culture ascendante et y développer une nouvelle approche théologique qui fera la part belle au Saint-Esprit.
O Ne pas lutter contre l'emprise de la culture numérique, comme l'ont fait les clercs du Moyen Âge face au développement des humanistes soutenus par les imprimeurs.
O Préparer l'Église à être persécutée.
O Développer l'espérance que l'Antichrist n'aura pas le dernier mot.
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