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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Les réseaux sociaux comme source d'informations pour les chrétiens supplantent les livres ?

23 Avril 2026, 06:00am

Publié par Henri Bacher

 

De roi de la culture, le texte imprimé devient le vassal des réseaux sociaux.
Il y a comme une guerre d'usure qui s'installe. Le pire, c'est que les réseaux sont liés à l'argent, ce qui n'était pas forcément le cas des livres, surtout du côté des imprimeurs et diffuseurs chrétiens qui ne sont pas connus comme millionnaires. De plus, c'est facile de monnayer une prestation comme une masterclass ou un clip qui se confectionne avec son smartphone et qui ne demande qu'un simple abonnement pas très onéreux. Le problème, c'est que les réseaux sociaux nous lient, même contre notre volonté, au monde commercial. On ne rechigne pas à se financer par la publicité. L'image suivante n'est qu'une caricature pour montrer que le Christ aurait pu servir de support à son propre business.

 

Nous payons notre prestataire pour ne pas diffuser de pubs, une manière de lutter contre la marchandisation. Ce qui n'est plus possible, par exemple, avec Youtube ou d'autres réseaux qui nous imposent leur propre pub. C'est le monde des réseaux qui nous dicte nos comportements sur le net. Par exemple pour TikTok vous ne dépasserez guère le fatidique seuil des 300 vues, si vous ne cochez pas, entre autres, l'utilisation de vos contenus comme support publicitaire. D'autre part, si un contenu dépasse les quatre minutes, il est moins bien mis en avant. TikTok gagne sa vie avec la pub, donc il multiplie les mises en avant des formats courts. C'est vrai que le texte imprimé nous impose aussi des restrictions, mais elles n'ont pas de commune mesure avec les réseaux sociaux, qui deviennent le levier technologique par excellence pour diffuser nos messages.


C'est une expérience malheureuse qui nous a ouvert les yeux sur l'impact des réseaux sociaux.
En l'espace d'une année, de janvier à décembre 2025, notre blog avait une fréquentation d'environ 900 visiteurs uniques qui s'est rétrécie à la fin de l'année à environ 400. Nous avons réagi, mais pas en multipliant des articles de fond, mais en ciblant les réseaux sociaux. Nous avons commencé, il n'y a pas longtemps, à sélectionner des contenus de ces réseaux. Du coup, les visites augmentent peu à peu, régulièrement et, selon les statistiques, ce sont ces posts qui sont le plus consultés.

Il faut retrouver la mentalité du Christ pour notre évangélisation
O
Il ne ciblait pas de préférence les grandes rencontres comme lors de la multiplication des pains. D'ailleurs, il les fuyait plutôt, puisqu'à la fin, lorsqu'on a voulu le faire roi (le faire « l'influenceur » de référence), il se tire (Jean 6:15).

O Pour le Christ, la foule, donc le nombre de followers, le rendait méfiant. Il préférait cibler l'individu, la personne. À passer du temps avec la samaritaine au bord d'un puits, qui, elle, va rameuter son village (Jean 4: 4-26).
O C'est ce cher Billy Graham qui nous a en partie servi de modèle, par ses grandes campagnes d'évangélisation. On rêve de milliers de followers, à l'image de ces stades remplis de sympathisants qui ont liké cet évangéliste. On pense les réseaux sociaux comme le travail de Billy dans un stade. On cherche des followers par milliers. Or, à mon humble avis, je pense qu'il est préférable de chercher la personne, dans la foule, qui, par son témoignage, va amener d'autres à Christ. C'est sûr, c'est un travail ingrat et de moins en moins performant aujourd'hui. Mais entre nous, ce n'est pas le nombre de followers sur les réseaux, donc la foule, qui va bouleverser la France. D'ailleurs, ce qui se passe aux States n'est pas à l'honneur du christianisme, descendant de ce fameux évangéliste.

Lors de ces grandes campagnes d'évangélisation, la majorité des participants étaient catéchisés, que ce soit du côté évangélique, protestant ou catholique. Aujourd'hui dans les réseaux sociaux nous nous adressons à des païens. On rêve et on prie pour le grand Réveil, mais en réalité dans toute l'histoire humaine, il n'y a eu que peu de réveils.


Il faut revenir au modèle des Actes des apôtres, celui de l'évangélisation du un à un.

Je l'appelle Philippe le carrosse-stoppeur (Actes 8:26-40). Sa méthode : il est inspiré par le Saint-Esprit (v. 26). L'Esprit lui indique la personne qui est prête à écouter son message et celui-ci, comme la Samaritaine, sera un nouveau diffuseur de la foi chrétienne. Philippe n'avait pas de carrosse (de réseaux sociaux !). Il a valorisé une seule personne, pas la foule.

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