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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Comment devrait-on formuler le message d'évangélisation pour aujourd'hui?

9 Octobre 2025, 06:00am

Publié par Henri Bacher

Quitte à vous scandaliser, je ne préconise plus le fait de se sentir coupable, pécheur comme condition préalable pour entamer une relation avec Dieu. Pourquoi? Je ne mets absolument pas en cause le salut que le Christ a acquis à la croix. Et le fait que les humains sont pécheurs et qu'ils doivent se repentir. Le problème, c'est que, dans chaque culture, nous avons besoin de présenter le salut pour que les gens puissent y adhérer, non sous la contrainte, mais par libre choix. Attention, nous, nous sommes souvent peu intéressés à la formulation de ce choix. Il nous semble immuable. L'homme est pécheur. Il doit d'abord demander pardon, sinon il ne peut pas être accepté par Dieu. Si aujourd'hui on a de moins en moins d'adhésion à l'évangile, c'est sûrement que la formulation du choix n'est plus compréhensible pour nos concitoyens. Nos messages d'évangélisation tournent à vide. Nous rangeons trop vite la non-acceptation de notre message sous mauvaise volonté.

La formulation du choix que nous proposons encore aujourd'hui remonte à la Renaissance. Elle a été mise au point par les différents réformateurs comme Calvin, Luther et consorts.

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Les gens du temps des Calvin étaient assis dans la vie surtout de l'église sur un «oursin». Ils avaient le clergé catholique sur le dos ou plutôt aux fesses. Ces ecclésiastiques leur ont inculqué une peur monstre de l'enfer. Ils ont dû se soumettre à des jeûnes pour se purifier de leurs péchés. Aller en pèlerinage, réciter des prières pour se faire pardonner, acheter des indulgences pour faire sortir les morts du purgatoire. C'était terrible ce que le clergé leur imposait pour être sauvé. Les réformateurs sont arrivés en proclamant que Dieu fait grâce sans contrepartie. Il pardonne. Pas besoin de faire de bonnes œuvres pour être sauvés. Plus besoin de privations comme les jeûnes pour accéder au salut. Il est gratuit. Imaginez le soulagement de ces nouveaux croyants à qui on disait : «asseyez-vous sur les bancs de l'église, croisez les bras, plus besoin de gestes rituels, écoutez-moi prêcher en chaire et avec la Bible à la main.» Le message des réformateurs tombait à pic dans un terrain spirituel et socioculturel préparé pour recevoir la ou les graines des réformateurs. Plus tard, au 19ᵉ siècle, les Réveillés ont dû rappeler aux anglicans, aux réformés et aux luthériens, dont une partie de leur staff penchait vers le libéralisme, le message de la croix qui sauve gratuitement.

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Et aujourd'hui? Notre chaise porteuse de culture et de spiritualité est devenue «design», numérique. Pourtant, ce ne sont plus les ecclésiastiques, ni catholiques, ni protestants, ni évangéliques, qui nous collent aux fesses, mais c'est l'ensemble de la société porté par le numérique. L'oursin est autant politique, culturel, religieux qu'économique. Nous sommes pistés, surveillés, soi-disant pour nous protéger des attaques sur nos comptes en banque. On multiplie les contrôles, les doubles vérifications que ça en devient infernal. On nous inculque une même peur qu'à la fin du Moyen-Âge, sauf qu'elle est fomentée par la religion laïque, celle liée à Mamon. Il n'y a plus ni paradis, ni enfer. Même l'oursin est devenu « design », mais il fait autant mal.


Pour le salut, nous proposons un choix très simple et qui rejoint toutes nations, toutes religions, toutes cultures confondues. C'est celle de s'approcher du Père. Puisque la fonction du père est universelle et compréhensible par tout un chacun.

Désolé, l'avenir du christianisme ne se joue plus avec les blancs, c'est pourquoi la figure du Père que nous proposons est un noir. Le Christ était sémite. Ceci n'est nullement une provocation, mais une réalité. Un certain nombre de communautés chrétiennes en Europe n'existeraient pas sans l'apport de l'immigration. L'auteur de ce post est blanc, français, dont les parents le sont depuis plusieurs générations et qui porte un nom d'origine allemande.

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Dieu le Père se réjouit et espère vivre avec et au milieu d'une multitude d'enfants noirs, blancs, jaunes. Pas seulement à la fin des temps, mais déjà aujourd'hui. L'humanité entière fait partie des enfants du Père céleste. Il les a créés à son image et il connaît chacun ou chacune. Il aime chacun et chacune. Il a envoyé son Fils «aîné» (par rapport à nous) sur terre pour nous montrer qu'il n'est pas immatériel et que nous pouvons faire partie d'une famille dont le patrimoine est universel et éternel.

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Dieu le Père se promène au milieu des hommes et des femmes et il est triste, car la majorité lui tourne le dos. Parmi ces personnes, il y a des bien portants, des malades, des transgenres, des homosexuels, des tatoués, des intellectuels, des imbéciles, des ignorants, des cons et ils les aiment tous et cherchent à entrer en communication avec eux. Il ne fait aucun tri. Il propose à chacun d'entrer dans sa famille qui va se révéler pleinement dans l'éternité. Bien sûr, sa famille a des principes, des normes de conduite. Dommage que certains ecclésiastiques sachent mieux que le Père quels sont ces principes.

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Dieu le Père vit incognito au milieu des hommes.
On ne le voit pas, mais lorsqu'on entre en contact avec lui, il nous envoie son Esprit qui atteste que nous sommes connectés avec lui. Il passe son temps à nous protéger, à nous faire éviter des embuches, des catastrophes. Chaque fois que nous disons que nous avons eu un sacré bol, de la chance, c'est le Père qui était à l'œuvre, qui nous a touché l'épaule. Ça paraît bien idyllique et très loin de la réalité. Pourquoi sommes-nous donc malades, avons-nous des échecs, des accidents? Il y a un mystère que nous ne pouvons pas résoudre ici sur Terre. Pourquoi Dieu le Père ne nous protège-t-il pas toujours? Il saura nous expliquer, dans l'éternité, le pourquoi de nos échecs et autres difficultés que nous n'avons pas cherchées. Ce qu'il va faire, c'est nous conseiller, nous aider pour que les «oursins» de la vie ne nous détruisent pas. Face à la peur de l'avenir, il va nous donner de l'espoir, de l'espérance et nous offrir protection et plénitude.

 

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Comment présenter la réconciliation avec le Père?
O 
Nous ne sommes pas des enfants illégitimes que le Père céleste n'aurait pas reconnus. S'il ne se manifeste pas directement, visuellement à nous, c'est pour créer un espace pour faciliter un choix qui ne soit pas lié à une contrainte. Devant un Père céleste extraordinaire, puissant, riche, on n'aurait aucun choix et on s'intéresserait peut-être à lui seulement parce qu'il est puissant et riche. 
O Lorsque le Christ est venu sur terre, il a été le modèle parfait de ce que Dieu voulait montrer de lui-même. Il n'a soulevé que partiellement ce voile qui cache sa puissance, sa grandeur. Par des miracles, par exemple. Et Jésus a été plutôt considéré comme un traîne-savates qui méritait d'être crucifié.

O De plus, le volet de la mort du Christ pour nous racheter est encore un grand mystère que nous ne comprendrons pleinement que dans l'au-delà.
O Sur Terre, l'enfant ne choisit pas ses parents et ça pose souvent des problèmes dans la famille pour ces enfants qui détestent leur père ou leur mère qu'ils n'ont pas choisis, mais qui leur ont été imposés par le processus humain naturel de la conception.
O Dans le Royaume de notre Père céleste, ce sont ses enfants qui sont appelés à le choisir comme Père. 
L'espace sur terre, c'est une manière de faire mieux connaissance avec le Père. Apprendre à l'aimer, à lui faire confiance, expérimenter avec lui des combines extraordinaires qu'il va nous aider à réaliser. Personnellement, je me réjouis de discuter avec mon Père céleste, pour qu'il m'explique comment il s'est pris avec moi pour m'éviter des tas d'embûches qui auraient pu me séparer définitivement de lui. Où je verrais aussi le nombre de fois où il aura soulagé les effets «oursin».

Quid du Péché?
Le Péché qui n'est pas pardonné, c'est le fait de refuser de reconnaître Dieu comme notre père céleste. Logique! Comme nous vivons sur Terre, dans un espace de liberté, les péchés sont justement liés à cette possibilité des humains de ne pas se conformer aux lois du Royaume de Dieu. Le fait d'accepter Dieu comme notre Père ne nous propulse pas directement dans le rôle d'un enfant parfait, obéissant, respectueux du Père. On ne devient pas enfant modèle par héritage, mais surtout par apprentissage. On apprend sur Terre notre rôle d'enfant-du-Père-céleste. Hélas, heureusement que Dieu est un Père compatissant et qu'il nous pardonne toutes nos crasses. Par contre, c'est un Père modèle qui promet de nous récompenser pour chaque geste qui l'honore et qui honore sa famille divine: Père, Fils et Saint-Esprit, et la multitude des anges. Sauf que les bonnes notes à l'école, les diplômes, les réussites sociales, la richesse qu'on a acquise rentrent très peu dans l'évaluation et dans les récompenses.

 

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