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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Quelle est la place de la Bible dans ta réalité quotidienne ?

26 Mars 2026, 07:00am

Publié par Henri Bacher


Nous avons actuellement un problème avec la place de la Bible dans notre existence quotidienne. C'est-à-dire dans la réalité de la vie.
 

Il y a ceux ou celles qui n'en font qu'un livre de type philosophique religieux qui a un certain nombre de contradictions tellement évidentes qu'ils le relèguent à un livre certes intéressant, mais sans valeur «révélatrice», dans le sens que la Bible est inspirée par Dieu.

Il y a ceux et celles qui « sacralisent » le texte biblique et qui en font un objet de type relique ou icône. Y a-t-il un juste milieu ? Dans un cours dans une école de théologie, j'ai scandalisé certains élèves lorsque j'ai jeté une Bible par terre devant moi. Non pour mépriser la Bible, mais pour montrer que la Bible est avant tout un livre qui, pour moi, est Parole de Dieu, mais doit en premier lieu garder ce statut de livre, tout simplement. On pourrait dire que la Parole s'est incarnée dans du papier comme le Christ s'est incarné dans un homme. Il était homme à tel point que personne ne le reconnaissait de prime abord comme Dieu. Le Christ a été reconnu comme Dieu, non pas parce qu'il claironnait qu'il était Dieu, mais à cause de ses actions, de ses miracles, de sa compassion, de son amour. La Bible a apporté tellement de réponses à mes questions existentielles que j'en ai déduit qu'elle était inspirée. Aucun autre livre ne peut apporter des réponses aussi claires lors d'une demande de rapt sur l'un de nos enfants dans un pays en guerre civile. Ce n'est pas tellement le texte en lui-même qui nous a consolés, mais le fait qu'il a été envoyé/programmé par Dieu lui-même, à un instant précis. C'est cette relation « opérationnelle » entre Dieu et son texte qu'il est essentiel de remettre à l'honneur. Ce texte a agi dans notre réalité quotidienne. C'est cette relation « opérationnelle » qu'il faut retrouver.   L'écrit et la lecture permettent de découpler ce processus de synchronisation de mise en pratique de l'Évangile ou bien de le repousser à plus tard. Ce sera pareil avec la culture numérique. Si ce que tu ressens ne se concrétise pas dans ta réalité quotidienne, tu n'es qu'un saltimbanque de l'Évangile.

Nous avons trop souvent traité la Bible comme un casque de réalité spirituelle. Nous avons formaté (encasqué !) nos théologies, nos pratiques spirituelles selon des critères très souvent liés à nos contextes culturels et nous les avons généralisés pour le monde entier.    Nous avons systématiquement et exclusivement analysé, scruté notre réalité terrestre au travers d'un texte. Le problème, c'est que ce casque n'a pas été fabriqué par Dieu, mais par les hommes au travers des doctrines, des interprétations des théologiens, des grilles de lecture recommandées, etc.

Comme Réformés et Évangéliques nous avons mis la Bible comme principal fondement de nos existences terrestres. Et c'est faux ! C'est la Création de Dieu qui est le fondement de notre vie, pas un livre. Nous sommes créés à l'image de Dieu. Nous devons partir de la réalité qui s'est construite avec les outils et les possibilités que la Création a mises à la disposition des humains. Reste alors la question de la position de la Bible dans nos existences.

Aucune culture n'est fiable pour transmettre la pensée de Dieu.
Elle est toujours bancale, parce que les cultures sont mises au point par les hommes. Elles ne font pas partie de la Création de Dieu, même si elles utilisent les instruments, les techniques de la Création. Je mettrais également la Bible dans le domaine de la culture tout en sachant que Dieu a pris un soin extrême pour que ce texte reste le plus fiable possible. Et il a utilisé les humains depuis des lustres pour filtrer ce texte, pour en expurger ce qui n'était pas de son inspiration.

Nous valorisons le binôme entre le Saint-Esprit et la Bible pour interpréter, analyser nos existences. Comme c'est le Saint-Esprit qui sera à la manette, il fera aussi comprendre le texte biblique selon la personnalité socioculturelle de celui qui veut utiliser ce texte.

La Bible n'est pas le fondement de vos vies, mais nous devons en faire la Référence principale de nos vies. Comme un GPS qui donne l'itinéraire à suivre pour arriver au paradis. Le GPS n'est jamais la transcription de la réalité du parcours, comme une carte routière ne reflète pas la réalité du terrain. Nous avons enseigné la Bible comme si elle reflétait la réalité. Nous avons fait du croyant un lecteur, un spécialiste de la carte routière. Il n'y a que le Saint-Esprit qui connaît nos réalités intimes, pas un livre.

Les distorsions opérées par la culture et les instruments de propagation de la culture.
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En lisant la Bible, sans apport significatif du Saint-Esprit, nous avons souvent transformé le texte biblique en idéologie, en philosophie religieuse.
O La nouvelle culture numérique, du fait qu'elle n'est plus le propulseur d'une pratique de lecture, va peu à peu marginaliser la « carte routière » au profit de l'évaluation par le ressenti. Comme lorsqu'on cherche son itinéraire sans avoir l'aide du GPS ou de la carte routière. Soit on suit la foule qui emprunte un certain itinéraire qu'on va authentifier comme véritable puisque justement il y a la foule, soit on questionne des personnes sur notre chemin qui nous semblent du cru et qui pourraient nous donner la direction à prendre. Pour moi, être du cru, ce sont des personnes qui connaissent le chemin, mais pas forcément notre chemin personnel, nos capacités et incapacités, nos peurs, nos échecs, nos victoires. Le Saint-Esprit, lui, il les connaît.

Quel sera l'avenir de la Bible ?
O 
Il y aura toujours encore un socle de lecteurs, mais il va se rétrécir. La spiritualité « scolaire » liée à l'écrit, à la lecture, à l'explication scolaire du texte biblique va laisser la place à la spiritualité du mouvement d'un groupe socioculturel et religieux vers une destination définie par le groupe.
Pour moi, c'est le moule religieux qui va prédominer. En sachant qu'aucune spiritualité ne peut se dire a-religieuse, Toutes nos communautés de type « biblique » ont aussi fonctionné sous le mode religieux. Simplement, c'est le groupe qui va définir l'authenticité de notre foi, en s'inspirant bien sûr de la Référence.
Cette tendance de la « foule » existe déjà avec certaines grandes communautés dans le contexte de la France. On se sent appartenir à un grand groupe qui marche vers un but commun, qui n'est pas forcément très explicite pour une partie de ses membres. On se sent pris dans un « cocon » spirituel en marche. Je ne suis pas en train de mépriser ce genre de comportement, car c'est l'expérience du peuple d'Israël à la sortie d'Égypte. On faisait partie du groupe ou non. On ne pouvait pas se dire hébreux et rester en Égypte.

Pour méditer la Bible dans le monde numérique
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