Une théologie des supports
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Ce que nous allons vous proposer relève plutôt d'une vue artistique sur le thème du comment Dieu se révèle aux hommes et des différents supports qu'il va utiliser pour se faire connaître.
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La démonstration de départ reposera sur l'image d'un chevalet de peintre
L'artiste et n'importe quelle personne qui veut transmettre un message le fera toujours à partir d'un support.
O Le premier message fondamental pour montrer que Dieu existe, c'est sa Création (Romains 1:20). Nous ne pouvons pas saisir, un tant soit peu, la puissance et la grandeur de Dieu sans l'univers qu'il a créé. Imaginez qu'on n'aurait que la Bible pour nous parler de la grandeur de Dieu. Ce serait une bien piètre démonstration de la puissance de Dieu, donc il a fallu que Dieu visualise, montre, «peigne» un tableau sur un support hypersophistiqué d'atomes et d'autres composants que nous n'avons même pas encore découverts pour essayer de nous convaincre.
O Le deuxième support que Dieu a utilisé, c'est l'incarnation du Christ. Il est venu sur terre pour nous montrer Dieu en chair et en os.
O Un autre support très contesté, c'est le choix d'un peuple, celui d'Israël, qui devait incarner le projet de Dieu pour les hommes.
O Et puis en dernier lieu, ce sont nous les humains qui sommes appelés à servir de «chevalet» pour visualiser l'action, la grandeur de Dieu. Lorsque nous pardonnons à nos ennemis, nous montrons la personnalité de Dieu. Lorsque nous prêchons, nous devrions être ou nous comporter comme un chevalet sur lequel le Saint-Esprit va esquisser ce que l'auditoire devrait voir et entendre. Ça devrait aussi nous rendre un peu plus humbles et ne pas nous faire croire que le grand «artiste» c'est nous. Pourtant, c'est important de comprendre que Dieu n'a que nous comme principal «chevalet», que nous soyons un chevalet académique ou un support bricolé qui ne sait même pas lire et écrire. Sauf que nous pouvons toujours montrer Dieu par notre manière de vivre à défaut de le décrire par le texte. La plus grande critique que j'adresse à nous les professionnels de la foi: nous aimons écrire et faire des clips vidéo et on a plus de difficultés à vivre notre message devant et avec nos contemporains.
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Dans cette rubrique, nous abordons le deuxième niveau de cette question de support
Toute culture va aussi servir de support pour la transmission de l'Évangile. Si le message de Dieu ne s'incarne pas dans une culture, il sera inopérant. Nous avons souvent oublié que ce n'est pas la culture qui doit s'adapter, mais que c'est au message de s'adapter à la culture. Le Christ, en s'incarnant, n'a pas voulu d'abord formater les juifs dans une culture chrétienne, mais il a formulé son message en fonction de la culture juive. Il insiste sur la notion de royaume (royaume de Dieu). Les juifs aspiraient à retrouver un royaume, celui qui s'apparentait à leur ancêtre David. Alors que les auteurs des Épîtres parlaient plus souvent d'un corps spirituel. Qui a dû se redéfinir au contact des non-juifs quand le christianisme est sorti de son moule d'origine. Nous avons dans l'évangélisation une mentalité de colonisateur, à l'image des Occidentaux qui ont commencé par «formater» les peuples à christianiser dans le standard de l'école. Lorsque nous pensons qu'il faut savoir lire et écrire pour être un chrétien compétent puisque la Bible est notre support principal en spiritualité, nous enfourchons les principes du colonisateur. Ce qui pose un autre problème: peut-on être chrétien sans savoir lire? Cette question nous amène sur un autre support culturel que nous ignorons totalement, celui de l'oralité.
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Dans notre culture, matinée de préférence par le visuel, nous privilégions le travail avec l'image. Ce que nous vous offrons comme explication n'est pas d'ordre philosophique, sociologique, anthropologique ou autre giques.
La culture orale prédominante dans l'Ancien Testament repose sur la lignée. La grande promesse faite à Abraham a été de lui promettre une lignée qui va perpétuer son héritage surtout spirituel, mais pas seulement (Genèse 15). Cette lignée se fait au travers d'hommes et de femmes qui véhiculent avec eux le message. Cette lignée est inspirée par Dieu qui éclaire et inspire leurs existences. C'est le fils aîné qui devra porter le flambeau «linéaire». Le patriarche, le prophète et en fin de compte le roi seront les garants de cette transmission. Le Christ sera appelé Fils de David, en référence à sa lignée issue de ce roi. La théologie de la lignée a comme moteur la bénédiction et la malédiction. Les injonctions spirituelles sont données par le prophète. Le lévite qui officie au temple, n'est qu'un «servant de messe». Excusez-moi de cette analogie de bas étage, mais effectivement, il n'avait pas de fonction spécifiquement liée à la transmission du message. C'est donc une Révélation liée à l'oralité et non à la sphère écrite qui sera le déclencheur de la lignée. Ces Révélations transmises par voie orale des siècles plus tard seront mises par écrit, pour faire mémoire. Ce qu'il faut retenir, c'est que la transmission orale répond à des critères très élaborés et n'a rien à voir avec ce que nous appelons «parlotte», podcast ou prédication. On crée des histoires «mythiques». C'est un encodage. Le mythe utilise une technique très précise pour reproduire la réalité. Au même titre qu'un mot ne peut jamais transmettre d'une manière précise la réalité du moment. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas voulu dire: la Bible ne contient pas des mythes au sens qu'on lui donne aujourd'hui, dans le grand public, des histoires qui ne sont finalement que des histoires fictives. Je parle de structuration du message, de conditionnement. Le texte est aussi un conditionnement. À la base du mythe, il y a toujours une histoire véridique et vérifiable, entre autres par l'archéologie. Pour comprendre cet encodage du mythe, je prendrai l'exemple du prompt dans l'IA pour créer une image. Avec le mythe, on part de l'image de la réalité pour créer une histoire orale qui serait, par exemple, le prompt de la vie d'Abraham. On se transmettait les prompts, pas les images.
La culture de l'écrit. C'est là que nous faisons intervenir ce que nous appelons l'interprétation artistique. Nous travaillons par analogie. La lignée va se transformer en ligne graphique qui supporte des lettres qui vont donner une histoire à lire. Il n'y a que la ligne qui va permettre la cohérence d'un propos, d'un message écrit. Vous comprendrez également que lorsqu'on compile l'histoire humaine dans une série de textes, comme on le fait avec la Bible, ça peut sembler dérisoire. Sauf que la Bible, il faut la prendre comme le livre qui donne l'essentiel de ce qu'il faut comprendre pour se connecter et vivre pleinement avec Dieu. Elle n'est pas exhaustive, mais ce sont nos théologiens qui en font une mine de savoir, alors qu'elle ne devrait être considérée que comme une pépite suffisante en spiritualité. L'essentiel, c'est la mise en pratique.
Là où on s'est laissé piéger, c'est par le levier technologique de l'imprimerie qui a pu multiplier les textes à l'infini. Comme aujourd'hui les leviers technologiques du numérique nous font cracher la spiritualité y compris la Bible par mégatonnes de pixels. Pour quel résultat?
L'imprimerie nous a donné l'illusion qu'on allait bouleverser le monde avec la Bible, comme aujourd'hui avec les réseaux sociaux on nous fait miroiter une nouvelle ère dans la spiritualité.
Ce qui va bouleverser nos contemporains, c'est des chrétiens et des chétiennes qui se mettent à visualiser le message du Christ sur leur chevalet de vie.
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