Quels sont nos modèles de développement dans nos contextes d'églises?
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Au lieu de tabler sur de grands écrivains ou théologiens si possible évangéliques, dont je ne conteste ni la légitimité ni la pertinence, ne faudrait-il pas mettre l'accent sur des équipes qui portent le Christ en triomphe, en tout cas son message? Mais aussi en le vivant devant nos contemporains.
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Ce qui m'a mis la puce à l'oreille
C'est un article qui retrace la trajectoire d'un groupe de copains qui ont lancé la série Bref. Ce n'est pas tellement leur capacité à faire rire dans l'esprit «Canal+», de l'époque, je précise, mais le fait que ce fut l'occasion pour toute une équipe d'humoristes de talent d'essaimer sur toute la planète culturelle française. Un peu à l'image du pissenlit pour se reproduire.
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C'est le modèle de l'évangile par excellence
Le Christ a constitué d'abord une équipe de disciples qui n'était pas forcément des plus fiables et de grandes pointures spirituelles. Certains le sont devenus bien plus tard, d'autres ont échoué. On a gardé la figure tutélaire de l'apôtre Paul, comme si c'était lui qui a été le grand «enfanteur» du christianisme, mais on oublie toutes ces graines dispersées par le vent d'initiative privée, qui sont sorties du «pistil» de Jérusalem. Il y a eu aussi la persécution qui a grandement accéléré la diffusion de l'évangile.
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Il faut mettre en sourdine le recours aux grandes figures évangéliques du passé
Surtout celles qui peuvent se prévaloir d'un titre universitaire et d'être l'auteur d'une série de livres. Ce ne sont plus eux les grands promoteurs de la spiritualité dont nous avons besoin aujourd'hui. Ils restent des références, mais ce ne sont plus les écrivains qui seront les nouveaux promoteurs de la foi. Y compris moi, qui fais encore partie de ces «scribouilleurs». C'est pourquoi je suis aussi actif dans les visualisations du message.
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Lorsque le modèle de l'école républicaine est obsolète
On a trop souvent confondu l'église à un pôle d'enseignement. La preuve: nos missionnaires envoyés dans l'hémisphère sud par les réformés et les évangéliques ouvraient en priorité des écoles. Les catholiques ouvraient des églises, avant les écoles. Le Christ a ordonné de faire des disciples et non des élèves. Le principe du discipulat est toujours lié à un groupe de personnes qui essayent de vivre leur foi ensemble. L'école ne cherche jamais à créer des groupes de vie qui s'entraident. Elle forme des individus à fonctionner en individu. Tout le système scolaire est construit sur le principe de la compétition entre des élèves pour définir qui sera le meilleur du point de vue des connaissances. Exit la collaboration! Or, l'Église est avant tout une entité sociale appelée à favoriser la collaboration à tous les niveaux entre les personnes, spirituellement, économiquement, socioculturellement ou même politiquement. À l'école, on interdit de copier son voisin, de se laisser aider par un plus doué, de réaliser des travaux scolaires avec notation finale d'une manière communautaire. Je sais que mon analyse date, puisque l'école a énormément évolué sous les boutoirs du numérique et des réseaux sociaux, mais l'ADN de l'école n'a pas tant changé: développer des élites qui se démarquent du reste de la plèbe. Il faut donc gommer le modèle de l'école comme facteur principal de développement de la communauté chrétienne. Elle n'est pas une «yehiva» chrétienne.
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Le groupe solidaire en interaction de disciples comme moteur du développement
Comme à l'image de ces talents d'humoristes cités en introduction. Le pasteur-e devrait repérer des personnes qui sont capables d'agréger autour d'elles, des personnes qui se lancent dans des projets porteurs de sens, d'actions en faveur de l'Évangile et par ricochet de la communauté dans son ensemble. Ce que nous appelons des personnes talentueuses.
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Quelques modèles d'agrégation
O Le groupe de couture à vocation humanitaire.
O Un club de motards ou d'un autre sport.
O Un groupe Fraterpoly. Une mini-communauté de palier conçue comme un sas d'intégration à la grande communauté?
O Aujourd'hui, le développement numérique occasionne tellement d'incompréhensions du point de vue technique ou simplement de manipulation de son smartphone que des groupes spécialisés sur le modèle des hackers, mais à vocation de service et non de destruction, seraient les bienvenus. Un tel groupe pourrait tenir permanence pour ceux qui souhaiteraient se faire aider et conseiller dans le labyrinthe de leur smartphone. Le service serait gratuit.
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Un grand besoin de formation
O On a trop souvent laissé la responsabilité des activités non théologiques de l'église à des bonnes volontés. C'est actuellement la grande plaie de nos communautés. On a des pasteurs hyperdiplômés, en théologie, en histoire de l'église, etc..., mais qui n'ont que peu de formation en management, en sociologie, en finances. En fait, ils sous-traitent ces activités de second plan à leurs yeux à des bénévoles qui, eux, ne sont pas formés à concevoir leur responsabilité en résonance avec l'aspect théologique, biblique. En fait on organise des assemblages hétéroclites. Ça marche dans de très petites communautés où ces deux niveaux de compétences interagissent presque journellement et sur une petite échelle. Comment, par exemple, un pasteur avec un salaire qui avoisine souvent le SMIC, peut-il gérer des investissements pour des bâtiments qui dépassent souvent le million? Il lui faut donc faire appel à des bénévoles qui, eux, savent gérer ce genre d'investissement.
O Ce qui se passe en réalité, c'est que dans ces groupes de bénévoles, il y a des personnes à forte personnalité que les anglophones appellent «strong leader» qui prennent le pouvoir dans le groupe et le mènent dans leur propre direction et selon leurs propres critères socioculturels qui ne sont pas mâtinés, je dirais « marinés » dans le fameux magma «biblique » prôné par le pasteur formé dans le moule scolaire. Comme le pasteur n'a pas été formé en stratégie, en investissement, en développement organique, il se laisse embarquer par des «strong leaders» qui n'hésitent pas à investir plus d'un million d'euros dans un projet de salle de culte de 300 places, alors que la communauté actuelle a une soixantaine de membres au culte et plus de groupe de jeunes (exemple documenté). Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est des «entrepreneurs», pas dans la fibre commerciale, mais dans celle de meneurs d'hommes et de femmes avec un vrai sens stratégique.
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Revoir la formation du pasteur-e
O Puisque le bagage théologique se trouve à profusion sur le net, il faudrait juste sélectionner et trier les contenus pour les étudiants et leur apprendre à savoir tirer parti de ces connaissances en ligne. Par contre, il faudrait réorienter la formation pastorale vers la gestion de groupes humains qui sont les chevilles ouvrières de la communauté. Imaginez une entreprise commerciale qui ne se gérerait qu'avec des bénévoles! Le problème, c'est qu'on considère la communauté chrétienne comme une école spirituelle, dont le «prof» est la pièce maîtresse. Pas besoin de stratégie pour l'école, il faut juste appliquer le programme élaboré par d'autres. La communauté chrétienne n'est ni une entreprise de type commercial, ni une école spirituelle, c'est un corps qui a une tête, des bras, des jambes, une tête, un cœur et des entrailles qui doivent travailler en symbiose.
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