Faut-il avoir une vision stratégique pour développer sa communauté ? (1)
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Ce terme de stratégie n'est-il pas copié de la sphère commerciale, du marketing? Effectivement! Nous allons consacrer plusieurs posts à ce thème de la stratégie. Dans ce premier post, nous ciblons particulièrement la stratégie globale mise en œuvre par l'apôtre Paul au début de la diffusion du christianisme, dans le monde méditerranéen.
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Le message que Dieu nous appelle à transmettre, c'est comme une structure «mentale» qui part d'un petit élément, comme ici symbolisé par le rond vert foncé, et qui par vagues successives s'est répandu dans le monde entier. On pourrait aussi parler de message et chez les Évangéliques classiques on le résume par un contenu compilé dans la Bible, le livre saint du protestantisme. On parle bien des Saintes Écritures.
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Cette structure symbolique est plantée dans la réalité de la vie. La forêt représente pour nous les cultures successives qui jalonnent l'histoire du monde. Le message de Dieu est totalement « extraterrestre ».
Ce n'est pas une sorte de force cosmique qui soustend nos existences. Ce message est réel, « palpable », compréhensible dans sa propre culture à condition de l'adapter à la nouvelle réalité.
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Ce message se base sur le Christ, Fils de Dieu qui s'est incarné, pas dans la nature, mais dans une personne en chair et en os. Ce qui rend le christianisme totalement différent de toute autre spiritualité. Finalement on ne diffuse pas un message, mais l'idée et la pratique qu'on se connecte à une personne qui vit de manière incognito dans le monde. Ce n'est plus une force, mais une personne à qui on peut parler. Qui nous écoute et qui communique avec nous par le Saint-Esprit, d'où l'importance à accorder à l'Esprit.
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Dans les débuts du christianisme, ce message s'est élaboré à Jérusalem. C'était une spiritualité forgée à partir de celle des Juifs et des activités du Temple. Les chrétiens qui ont émigré dans des espaces socioculturels différents ont dû à chaque fois réadapter le message tout en gardant l'image du Christ qui va toujours imprégner fondamentalement le message. D'où les changements de couleurs pour chaque étape d'adaptation. Ce qui va changer, c'est les manières de diffuser le message de l'incarnation du Christ. À Jérusalem, l'accent a été mis sur Jésus le Messie, mais à Athènes Paul ne parle plus du Messie, mais il présente la bonne nouvelle de Jésus (Actes 17:18). Simplement parce que les Athéniens n'attendaient pas de messie, mais ils avaient en eux cette notion d'une ou plusieurs divinités qui gèrent le monde.
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Aujourd'hui, dans notre monde occidental, les nouveaux «Paul» ne sont plus confrontés à un univers de pensée, ni de croyances comme à Athènes, symbolisé par un autel au dieu inconnu, mais à un système global soutenu par le numérique qui est beaucoup plus puissant que le levier technologique de l'imprimerie et de l'école qui fonctionnaient comme ses diffuseurs préférentiels. Le problème, c'est qu'il faut apprendre à lire et c'est très ardu. Le numérique nous branche directement sur son message, ses idées, ses pratiques, sans apprentissage. C'est un système englobant, totalitaire et quelque part il singe la nature créée par Dieu. Lorsqu'on entre dans une forêt, on est pris dans un univers d'images, de sons, d'impressions, d'odeurs. On touche, on voit, on respire, on entend. Et la création de Dieu selon Romains 1:20 est une Révélation au même titre que le texte biblique.
On ne capte pas la réalité de la forêt par apprentissage, mais en s'imprégnant de cette réalité, en y vivant, en y circulant. C'est un monde global, alors que le texte s'appréhende en commençant par apprendre l'alphabet. Depuis la Renaissance, nous apprenons à disséquer le texte biblique et à nous construire une spiritualité «architecturée» comme ma «structure» de départ plantée dans la forêt.
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Comment passer d'une culture à une autre?
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La culture de l'écrit et du monde scolaire a « imprimé » le Christ dans la tête et dans le cœur des humains. Le Christ était décrit, expliqué, son comportement analysé. Cette manière de faire a eu beaucoup de succès, parce que la méthode d'explication était facile à utiliser. En plus, presque tout le matériel d'enseignement se mettait dans un texte facile à transporter. Le smartphone remplace aujourd'hui le livre. Il est aussi facile à transporter, mais il ne permet plus de concevoir la réalité socioculturelle et spirituelle de la même manière que le livre. Les images, les clips vidéo, les podcasts modifient fondamentalement la manière de comprendre la foi.
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Rappelez-vous que nous partons d'une réalité où la grande majorité des gens ne lit plus régulièrement. Nous proposons de changer l'observation de la réalité de Dieu d'un autre point de vue que celui du texte. Comme Paul à Athènes qui, n'étant plus au temple de Jérusalem, a changé de point de vue.
Pour illustrer cette manière de se référer à ce que nous enseigne la nature, nous faisons référence à 1 Rois 19:9-18. C'est une des histoires avec Élie, le prophète, où Dieu met en scène son message de consolation au travers d'une expérience sensitive et visuelle avec le vent.
Voici quelques références :
- Le berger et les brebis : Psaume 23.
- La vigne et le vigneron : Jean 15:1–8.
- La lumière et le sel (métaphores éthiques) : Matthieu 5:13–16.
- Les graines, le semeur et la parabole du grain : Matthieu 13; Marc 4; Luc 8.
- La petite graine / moutarde (royaume) : Matthieu 13:31-32; Marc 4:30-32.
- Les lys des champs / souci des vêtements : Matthieu 6:28–30; Luc 12:27.
- L’eau vive / source : Jean 4:10–14; Apocalypse 22:1.
- L’arbre planté près des eaux (stabilité) : Jérémie 17:7-8; Psaume 1:3.
- L’aigle qui monte / renouveau de force : Isaïe 40:31.
- Le figuier (signe, repentance) : Matthieu 21:18-22; Marc 11.
- La montagne et le rocher (sécurité) : Psaume 18:2; Matthieu 7:24-25 (maison sur le roc).
- Le vent / esprit (souffle) : Jean 3:8; Actes 2 (Pentecôte).
- Les rivières qui irriguent / source de vie : Ézéchiel 47; Jean 7:37–39.
- Le trésor/ perle (paraboles) : Matthieu 13:44-46.
- Le bétail, moisson, meule (images agricoles) : Luc 3:17; Matthieu 13:24-30.
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Peut-on créer nous-mêmes des images, des paraboles dont l'image ou le thème ne se trouve pas dans la Bible?
O Je vous donne l'image que j'ai utilisée pour créer une parabole actuelle à partir d'une éolienne, qui n'existait bien sûr pas du temps de Jésus. Le Christ a créé des paraboles qui n'existaient pas dans l'Ancien Testament. Dieu nous autorise à créer (nous sommes créés à son image!) des histoires, des contes, des clips vidéo dont la signification spirituelle peut se vérifier dans le texte de la Bible.
O Les images, histoires, contes fonctionnent comme les interprétations textuelles du texte biblique. Ce n'est pas l'interprétation qui est «Vérité», mais le texte biblique.
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