Nos systèmes de formation théologiques sont-ils obsolètes?
Comment peut-on parler d'obsolescence, alors que nos facultés de théologie évangéliques deviennent de plus en plus performantes, à tel point que, par exemple, HET-pro en Suisse romande est reconnue au niveau européen par des instances de supervision académique (ECTE / European Council for Theological Education) ?
L'espace d'où je parle
C'est toujours important de comprendre d'où une personne s'exprime et avec quelle légitimité et là je suis mal parti. Je vous le concède. Je n'ai pas le bac et donc aucune formation académique. Par contre, je suis quadrilingue français, allemand, espagnol, anglais. J'ai vécu sur des territoires biculturels comme l'Alsace, dans un pays latin de culture sud-américaine comme le Pérou. Je suis de culture protestante (baptisé enfant, confirmé adolescent, moniteur d'école du dimanche), de formation biblique dans un institut évangélique, comme l'ancêtre de Het-pro et j'ai travaillé une douzaine d'années comme permanent d'une association évangélique. J'ai aussi une expérience professionnelle dans une entreprise de plus de mille employés. Je sais encore lire et écrire, même si mes moyens d'expression donnent la préférence à la vidéo et aux images. Néanmoins, j'ai l'avantage de pouvoir observer et analyser nos systèmes de formation théologiques de l'extérieur et je conclus que nos formations ne correspondent plus aux besoins actuels. Des académiciens comme Michel Serres ne se privent pas, non plus, de les mettre en doute.*
* Le tiers-instruit (En son temps, à comment former l'humain de demain, enjeu majeur de notre époque), Michel Serres, Ed. Le Pommier 2018.
Petite poucette, Michel Serres, Ed Le pommier, 2012
Pourquoi nos systèmes dépérissent?
Surtout chez les évangéliques. Les communautés de ces mouvances issues des Réveils du 19ᵉ siècle ont souvent été critiquées, dans le passé, par le monde académique réformé pour leur «superficialité» dans la réflexion. Du coup, on a répondu, en créant des facultés évangéliques qui voulaient aussi promouvoir ou même propulser la spiritualité évangélique à un niveau de réflexion de type académique. Comment des responsables évangéliques ont-ils pu copier le système réformé de formation, alors qu'il était déjà en déclin, ainsi que leurs communautés? C'est comme une entreprise qui aurait copié Nokia, le leader mondial de la téléphonie, pour faire mieux, et alors que finalement Nokia a disparu des radars de l'économie. Steve Jobs, contemporain de Nokia, lui, il a réinventé le smartphone et surtout il a créé un écosystème convivial, ludique, informatif, culturel. Or, le système scolaire du haut en bas de l'échelle prend l'eau, surtout dans le grand public. Je ne parle pas ici des sommités qui envoient des robots sur Mars, qui projettent de creuser au CERN (Centre Européen de Recherches Nucléaires), un tunnel de 91 km sous le terrain où j'écris actuellement mon post, pour développer leur compréhension de l'univers.
Le problème de nos théologiens évangéliques patentés, c'est qu'ils sont arrivés trop tard dans cette compétition de réflexion où il faut adapter la spiritualité dans un nouveau contexte socio-culturel, dominé par des réseaux comme TikTok, YouTube, etc.
De plus, l'académie, dont le déclencheur a été la Renaissance, qui a mis plusieurs siècles pour arriver à son apogée, n'est plus le nouveau moteur du renouvellement de la spiritualité chrétienne. Comme nos élites politiques à l'image de certains leaders, elles sont dépassées.
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