Quitter pour réussir
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Il faut se demander comment, par le passé, les grands nouveaux mouvements spirituels ont commencé et surtout quels moyens ils ont utilisés.
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Une nouvelle spiritualité ne naît jamais de façon spontanée : elle surgit toujours à la suite de ruptures.
L’histoire biblique en donne plusieurs exemples où ces cassures ont fait émerger une nouvelle manière d’adorer et de comprendre ce que Dieu propose. Abraham a dû quitter son espace de vie, sa « géographie » — un processus qui s’est déroulé en plusieurs étapes, entre lieux et existences. Pourquoi la nouvelle foi n’aurait‑elle pas pu se développer dans son habitat et au sein de sa famille d’origine ? Les cultures de base — familiales, géopolitiques ou socioculturelles — ne sont jamais, en elles‑mêmes, rénovatrices.
De même, les Hébreux ont dû sortir d’Égypte : bien qu’ils aient pu continuer à pratiquer leur religion, la nouveauté spirituelle ne pouvait pas s’épanouir dans le contexte de l’esclavage. Le désert, comme creuset, les a formés à une spiritualité nouvelle ; toute véritable rénovation spirituelle passe par ces ajustements, par de « nouvelles naissances » analogues à une naissance humaine.
La spiritualité du Christ s’est forgée dans un contexte sociopolitique de rupture. Quelques années après la mort et la résurrection du Christ, le peuple juif perdit son autonomie et son Temple fut détruit. L’essor du christianisme partit d’Antioche plutôt que de Jérusalem : encore un déplacement vers un centre plus favorable aux nouveaux développements. Le mouvement se poursuivit jusqu’à Rome, où, quelques siècles plus tard, une nouvelle bifurcation eut lieu avec l’empereur Constantin. À partir de lui s’installèrent plusieurs nouveaux processus de développement.
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Ce qui favorisa l’expansion du christianisme en Europe fut l’alliance avec le pouvoir politique, donnant naissance à un christianisme bicéphale : le pape intronisait rois et reines, et le pouvoir politique garantissait la légitimité de la religion. Jusqu’aux réformes protestantes du 16ᵉ siècle, l’Église adopta le modèle politique pour se structurer. Les réformateurs — Calvin, Luther, Zwingli, Bucer — profitèrent aussi du système d’alliances politiques : sans la protection ou l’encouragement d'autorités sympathisantes, leurs nouvelles spiritualités se seraient peu diffusées. Les protestants bénéficièrent en outre d’un levier technologique décisif : l’imprimerie, pilier de la Renaissance, puis la généralisation de l’école obligatoire.
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Pour conclure — en caricaturant volontairement — toute spiritualité s’inscrit toujours avec un partenaire de développement : il n’existe pas de spiritualité totalement à l’abri d’emprises. Inévitablement, elle peut être dévoyée. Pour le théologien réformé, l’autorité — son « pape » — sera souvent un maître à penser issu du système scolaire, celui qui l’intronisera pasteur ou pasteure : une autre forme d’allégeance que l’allégeance politique.
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Aujourd'hui la spiritualité est devant deux influences qui vont créer des ruptures favorables à de nouveaux développements spirituels
La première rupture est celle provoquée par le développement du numérique, des réseaux sociaux et de l'IA. La deuxième est celle qui a toujours accompagné les précédentes, c'est celle de l'argent, de mamon, mais aura avec le numérique de puissants leviers à disposition.
Quelles spiritualités vont sortir de ces nouvelles combinaisons ?
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