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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

L'IA, le pape et nous

12 Juin 2026, 09:56am

Publié par Henri Bacher

Mettons le problème avec l'IA à plat. Le pape Léon XIV vient de sortir une encyclique qui snipe l'IA. A-t-il raison ? Comment expliquer que la critique de l’intelligence artificielle la plus construite et réfléchie vienne du Pape Léon XIV et son encyclique, “Magnifica humanitas” ?⁠

Je laisse la parole à un invité de France Inter qui me semble, à mon humble avis, bien cibler la problématique de l'église catholique et, par ricochet, la nôtre, évangélique.

Toute révolution culturelle, et surtout celle liée à un levier technologique comme actuellement l'IA, se perçoit comme un danger pour l'église. Malgré tout le respect que j'ai pour ce pape qui ose tenir tête au grand trublion américain, il reproduit ce que le protestantisme a vécu lors de sa contestation de l'Église catholique au 16ᵉ siècle.
À la différence des Calvin, des Luther, des Zwingli qui eux ont sauté dans le train en marche de la révolution culturelle avec le lancement de l'imprimerie, l'Église catholique est restée campée sur ses prérogatives et pratiques issues de la longue histoire du Moyen Âge.
Aujourd'hui les imprimeurs et le mouvement humaniste lancé dans la foulée ressemblent à ce qui se passe avec l'intelligence artificielle. Celle-ci est considérée, aussi de notre côté, comme une menace. La pratique de lecture disparaît au profit des images. La réflexion intellectuelle se fait manger tout cru par la culture générée par les réseaux sociaux et nos théologiens issus du monde académique ruent dans les brancards… comme le pape.

Ayons l'audace de nos réformateurs du 16e siècle
Ils n'ont pas adoubé, telle quelle, la mentalité de la Renaissance et celle imposée par l'usage à grande échelle du levier technologique de l'imprimerie, mais ils ont mis en route une nouvelle théologie. Ce que nous allons proposer, dans quelques semaines, en tenant compte de l'évolution actuelle du socle culturel, avec la théologie Liquide.

Aucune culture ne peut prétendre à l'universalité et à la meilleure façon de comprendre Dieu
Depuis la nuit des temps, toute spiritualité a toujours été liée à une culture. C'est comme la pièce de monnaie qui a deux faces. À chaque évolution fondamentale, l'église a besoin de « frapper monnaie ». Pas tellement au niveau financier, quoique ! La spiritualité a aussi besoin de se financer et nos communautés ne pratiquent que rarement la pêche aux poissons qui rapportent, comme avec l'expérience de l'apôtre Pierre (
Matthieu 17:24–27). Prenez le nombre d'évangéliques qui se lancent avec une SARL (société à responsabilité limitée) qu'ils déguisent en association à but non lucratif. Pardon, ce n'est qu'une pique supplémentaire, car notre vrai enjeu reste l'adaptation culturelle. Nous devons nous adapter à l'IA, c'est la survie de la spiritualité évangélique.

L'adaptation est toujours liée à des conflits, des expériences douloureuses
Luther n'a-t-il pas dû se cacher chez un ami politique qui avait un château pour fuir la vindicte du pape ? Nous naviguons aujourd'hui dans des temps troubles. Même dans nos églises évangéliques, elles se font jour. Saurons-nous accepter de naviguer dans ces eaux troubles tout en gardant le cap vers la nouvelle destination que nous impose le nouveau levier technologique de l'IA ?

 

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