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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Pourquoi raconter des histoires plutôt que d'expliquer les textes bibliques

24 Avril 2020, 09:38am

Publié par Henri Bacher

Pourquoi raconter des histoires plutôt que d'expliquer les textes bibliques

Pourquoi les histoires nous captivent
(Why stories captivate)

Cette conférence de Tomas Pueyo est malheureusement «in english» pour nous francophones, mais elle fait l'éloge de ce que les anglophones appellent le «storytelling». Ce n'est pas pour rien que beaucoup de diffuseurs comme Netflix cartonnent sur le net. Leurs films racontent essentiellement des histoires. Même les documentaires mélangent maintenant faits et parties fictionnelles. Nous devrions nous inspirer, pour nos prédications, de leur manière de communiquer, au lieu de passer notre temps à décortiquer un texte biblique comme un épis de maïs. Nous avons l'art de faire passer les histoires bibliques dans une broyeuse analytique, pour soi-disant, mieux les comprendre. 

Quelques phrases-clés que ce clip m'inspire

1. Avoir raison n'est pas suffisant pour transmettre un message qui reste. Les faits et la logique ne suffisent non plus. L'histoire, ce n'est pas simplement de la narration. C'est une structuration de la pensée liée à des fonctionnalités dans le cerveau.

2. Lors d'un accident de voiture, on retient surtout l'histoire de l'accident. Ceci représente le 65% de l'événement, mais le nombre de bosses sur la carrosserie, ne comptera que pour 25%. On se rappelle dix fois plus les histoires que les faits. Lorsqu'on écrit que «Dieu est amour» c'est un fait. Dans une prédication, lorsqu'on passe notre temps à asséner que Dieu est amour, sans «l'immerger» dans une histoire, ce message n'est retenu que pour 25%, surtout lorsqu'on s'adresse à des pas-encore-chrétiens. Alors imaginez le non-impact du slogan  «Dieu est amour» qu'on balance sur Facebook avec un beau paysage. Bien sûr, ce sont des chiffres, mais il faut noter la disproportion.

3. Selon Tomas Pueyo les grandes religions ont été fondées par un corpus de récits. Et il a raison. Est-ce que le christianisme aurait pu avoir l'essor qu'il a actuellement, si on n'avait diffusé que les écrits de Paul? Il y a quelque chose de mystique dans le récit parce qu'il peut être fondateur. Les grandes philosophies de l'histoire ont certes créés des courants socio-politiques, comme par exemple, le communisme, mais elles ont été remplacées par d'autres courants de pensée. Ce qui n'est pas le cas du récit fondateur de l'humanité avec Adam et Ève, celui du Déluge, celui de l'histoire d'Abraham et du peuple d'Israël. Jésus a dû s'incarner dans une histoire qu'il a dû vivre et pas seulement «penser». L'apôtre Paul écrit des pensées, certes inspirées et même si cet homme «pense» dans le cadre d'une histoire personnelle, ce ne sont pas des récits fondateurs qu'il crée. Il les explique, mais ça ne suffit plus dans une culture numérique, diffusée par de puissants leviers technologiques qui favorisent le récit. Et dont les protagonistes ne connaissent plus les récits fondateurs. C'est dommage que nos pasteurs préfèrent le plus souvent partir des textes des épîtres. Ils s'y sentent à l'aise, c'est leur culture. On les a formé à décortiquer le texte pour le faire comprendre. On devrait leur apprendre à raconter des histoires, comme le fait Tomas Pueyo au début du clip.

4. Le public actuel est nourri majoritairement par cette culture du récit. Imaginez, vous qui ne cessez d'expliquer les textes de l'apôtre Paul, que votre auditoire ne retiendra que le 25% de votre discours. Je n'ai pas honte de le dire, mais je m'ennuie au culte, à entendre ces bouillies explicatives, construites pour des «écoliers» (des personnes formatées par le système scolaire) et non pour des personnes qui adorent écouter des histoires.

Deux exemples pour montrer comment on peut transformer le message biblique en "histoire".

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