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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Comment se mettre au niveau de ses interlocuteurs - Conseil pour le prédicateur

21 Juillet 2020, 10:47am

Publié par Henri Bacher

Comment se mettre au niveau de ses interlocuteurs - Conseil pour le prédicateur

L'art du prédicateur c'est «d'abaisser le panier». Souvent il cherche à élever le niveau spirituel de ses auditeurs-spectateurs. Il décrit un idéal à atteindre pour faire «monter» le chrétien, vers des sphères plus spirituelles. Je pense que dans notre monde actuel nous avons aussi besoin de cultiver une spiritualité «terre-à-terre».

Que veut dire «abaisser le panier»?
C'est le Christ qui est le meilleur exemple de cet abaissement. Il se met au niveau de la personne dont il veut devenir l'ami. Il s'incarne. Il descend du ciel. Il accepte de quitter sa puissance, son aura. Pour le prédicateur, à l'image du Christ, le premier niveau à atteindre, c'est celui de l'adaptation culturelle. Jésus parle la langue de ses contemporains. Comme Fils de Dieu sur terre, il devrait parler aussi le grec. Non, il est tout simplement hébreu, il maîtrise leur langue, ainsi que l'araméen. Il accepte de ne pas se présenter comme «Monsieur sait-tout». Est-ce que le prédicateur accepte d'être au même niveau que ses ouailles, celui qui apprend comme eux? Pourquoi, pour une prédication ne mettrait-il pas à contribution d'autres personnes qui en savent autant, sinon plus que lui, sur le sujet qu'il va traiter? C'est fini le temps, où le prédicateur est mis sur un piédestal (une chaire) qui signifie au public, que seul, lui sait ce qu'il faut dire. Comme l'enseignant scolaire, qui a un diplôme et qui est autorisé à avoir la seule réponse juste à la question. Et qui de surcroît n'autorise qu'une seule réponse juste. Il est clair qu'en mathématiques, 1 + 1 ne permet qu'une seule réponse juste, mais en spiritualité on ne peut pas fonctionner ainsi.

Un prédicateur doit discerner quels sont les besoins de la majorité de l'assistance au culte.
«Abaisser le panier» c'est aussi s'intéresser aux vrais problèmes des personnes. Ici, dans le clip, le copain a compris que sa copine avait envie de mettre son ballon dans le panier. Nous, on est encore au stade où l'on dit: «non, ce n'est pas bon pour toi». De toute façon, tu n'y arriveras pas! Lorsqu'un prédicateur décide que pour un cycle de prédications, il va travailler systématiquement une lettre de Paul, répond-il à un besoin ou estime-t-il que c'est simplement nécessaire que son interlocuteur ait une solide culture biblique?  Pour plus tard? Le discernement de ces besoins peut passer par des temps de prière, par des sondages, mais aussi par l'inspiration du Saint Esprit qui peut révéler les vraies failles, dont il faut parler, dans la communauté. Est-ce que la prédication alimente la vision générale du parcours nécessaire pour la communauté? Ou bien, le prédicateur parle-t-il de ses dadas? De ses passions?

«Abaisser le panier», c'est aussi simplifier son discours.
Ceci est très dur pour des pasteurs qui ont des diplômes universitaires et qui pensent devoir élever le niveau de réflexion de leur ouailles. Le pasteur n'est pas un instituteur spirituel qui doit amener son élève au niveau d'un «bac» spirituel. Il doit amener son interlocuteur à faire confiance à Dieu, à lui aider à affronter la vie avec des solutions inspirées par la Bible et par le Saint Esprit. C'est avant tout, non pas un enseignant de type scolaire, mais quelqu'un qui montre l'exemple.  Et Jésus en est un exemple parfait, lui qui racontait des histoires simples de la vie quotidienne. Alors qu'il est Fils de Dieu. La sagesse spirituelle ne se confond pas avec la capacité intellectuelle de pouvoir interpréter le texte biblique. 

S'abaisser, c'est accepter de perdre de sa gloire, de son aura.
Pour conclure, je vous propose de regarder ce clip. La pelle mécanique, c'est tout le savoir accumulé par le prédicateur. C'est un peu aussi l'image du Christ. C'est un gros «engin spirituel». On ne demande pas, au prédicateur, d'être simpliste dans sa réflexion et dans sa communication. On lui demande de descendre de son piédestal (de sa chaire) et de ne pas négliger le petit, le sans-grade, celui qui n'a qu'un «récipient intellectuel-à-la-manière-scolaire» limité. Rappelez-vous le parole du Christ: «si vous ne devenez pas comme des enfants...».

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