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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

L'avenir dans l'église est aux "saints!"

29 Décembre 2015, 16:55pm

Publié par Henri Bacher

Si la pratique de l'écrit et de la lecture devient marginale, comment les chrétiens, vont-ils développer leur foi? That's the question.

Le "toucher" intellectuel
Récemment, un de mes amis pasteur pensait que si les gens ne lisent plus la Bible, c'est un peu par paresse. Personnellement, je crois que non. La tendance culturelle sur nos supports électroniques, c'est l'image et la voix. On pilote de plus en plus nos smartphones et autres tablettes par la voix. Nous désapprenons à lire. L'illettrisme fonctionnel prend de l'ampleur pour le grand public, pas pour les scientifiques qui envoient des robots dans l'espace. On apprend à lire à l'école et par manque de pratique on perd cette faculté. Apprendre à lire ce n'est pas comme apprendre à faire du vélo. Une personne qui, pendant des années, n'est plus montée sur un vélo, peu s'y remettre facilement. Ce n'est pas le cas de la lecture. Certes, on pourra toujours lire des mots, mais trouver le sens d'une phrase, ne sera pas évident. Si je suis tellement pessimiste, j'en veux pour preuve, la "pixellisation" et la "slogandisation" de la Bible et des conseils chrétiens. Les versets bibliques avec "coucher de soleil" et autres belles photos, foisonnent sur le net. On pense lire la Bible et la méditer. Ça devient un geste machinal d'ouvrir son Facebook ou autre support, pour "effleurer" un texte, comme dans certaines pratiques religieuses on touche une icône et puis on s'en va. L'évangélique classique ne touche pas à des images saintes, il est profondément marqué par la "lettre", donc, sans s'en rendre compte, il en fait une sorte d'idole à toucher intellectuellement. L'écrit et la lecture ne vont pas disparaître, mais ils vont refluer dans des cercles élitistes. Comme au Moyen-Âge, où les textes ont été lus, commentés et recopiés dans les monastères, sans jamais ou très peu, circuler dans le grand public. Faut-il déplorer un tel basculement culturel qui sape les fondements de l'évangélisme, entendez par là, les mouvements évangéliques, sortis des réveils du XIXème siècle? Non, il faut juste changer de mentalité. L'église chrétienne n'a pas attendu la technologie de l'imprimerie pour se répandre dans une grande partie du monde.

L'approfondissement du chrétien dans un contexte de non-lecture
Nous, évangéliques, nous avons un regard très critique sur la vierge Marie et sur les saints en général. Sûrement, avec raison, mais je pense aussi que ces modèles de sainteté ne sont pas sortis simplement d'un besoin idolâtre. Quand on n'a plus de textes pour se guider, il n'y pas trente six solutions pour récupérer un savoir et une pratique chrétienne. On regarde comment font les autres. Comme lorsque vous êtes dans une ville étrangère dont vous ne connaissez pas la langue. Pour certaines opérations, vous n'avez que le choix de regarder les gens et de voir comment ils font. C'était exactement le rôle des saints dans le passé. Ils croyaient, ils faisaient et les chrétiens les prenaient comme des exemples à suivre. La majorité des pratiques chrétiennes ont toujours un début très positif et très prometteur. C'est par la suite que ça se gâte. Et pour se garder des dérapages on a figé le saint modèle, en codifiant ses comportements et ce qu'il disait. Prendre la Vierge comme modèle de foi, n'est sûrement pas un péché. "Effleurer" sa statue pour obtenir une bénédiction, c'est là que commence le dérapage.

L'église devrait aider le chrétien à devenir un modèle de vie chrétienne. Il parlera de son expérience. Mais il aura aussi un rôle d'éducateur de la foi. Nous, protestants, avons eu la mauvaise habitude de détester les "intermédiaires". On nous a mis une Bible entre les mains et on nous a dit, tu es seul maître à bord. Dans un contexte où le prêtre était tout puissant, c'était sûrement une bonne chose. Mais ce bon début a mal tourné, en partie. Parce que d'une part le chrétien est devenu son propre interprète exclusif de la Bible et que d'autre part, ce sont les exégètes de la Bible qui ont joué le rôle du prêtre. Celui qui a le seul pouvoir de dire ce qui est juste.

Le Christ est venu pour servir de modèle, pas pour revigorer l'étude de la Torah. Si nous sommes disciples de ce Christ-là, nous devons servir de modèle, la meilleure façon de transmettre la foi, dans le futur.

Le groupe vocal Glorious "modélisation" de la foi chrétienne. 
Mon analyse de leur prestation (voir clip ci-dessous) leur est sûrement étrangère, mais comme, c'est un groupe catholique, ils ont reproduit inconsciemment un classique de leur culture. C'est ma thèse et je ne demande pas à être approuvé. Regardez le clip ci-dessous pour vous faire votre propre opinion.

Pour moi, la composition scénique ressemble à un tableau "virginal". Une des chanteuses, assise sur un tabouret, occupe la partie centrale. Elle est lègèrement surélevée par rapport aux autres chanteurs et par sa présence très "charismatique" (dans le sens de présence physique et émotionelle), elle irradie la scène. C'est une femme à l'apparence clean, convaincue, enthousiasmée et qui adhère pleinement à ce qu'elle chante. Un vrai modèle de foi. Une Vierge quoi! Je ne me moque pas de cette jeune femme, au contraire. Elle représente, ainsi que les autres personnes, des anti-modèles, de la scène musicale non-chrétienne. On a envie de suivre ces personnes. D'adhérez à leurs convictions. De s'approprier de leurs convictions. Pour moi, c'est les modèles que je préconise de développer dans l'église. Entendons-nous bien, ce sont des chrétiens, mais aussi des professionnels de la chanson. Je ne connais par leur vie personnelle. Ils sont peut-être des anti-modèles dans leur vie de tous les jours. Je voulais juste les prendre comme exemple pour expliquer ce que j'entends pas "modèle".

L'handicap majeur du chrétien protestant et évangélique
C'est qu'on lui a appris de se méfier de ses émotions et sentiments. Il reste sous un couvercle. On n'ose pas exprimer des émotions en public. On a peur de témoigner en mettant de l'émotion. On a peur de parler de ses sentiments profonds à un inconnu ou de révéler quelque chose de très personnel. Et le modèle du "saint", c'est justement de délaisser le discours froid pour le "discours" émotionel. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas parler d'une manière "raisonnable", mais c'est parler en ne laissant pas de côté ses émotions.

La Bible, futur parent pauvre de l'église?
Si on persiste à faire lire les gens, oui! C'est fini le temps où l'évangélisateur-missionnaire pouvait imposer l'harmonium et passer tout le monde au crible de l'école. Culturellement, le pasteur formé dans nos académies actuelles est à la marge de la culture dominante, malgré tous ses efforts d'adaptation. Comme les monastères au temps du passage à la Réforme. Leur influence est devenue marginale et ils ont même presque disparu dans le contexte réformée. Luther n'a pas arrêté de penser en quittant le monastère, il a juste pensé différemment, selon d'autres critères et dans d'autres lieux de formation. Si l'église ne veille pas à mettre les gens au contact de la Bible, sans passer par la lecture, les nouveaux "saints" perdront la Référence principale du christianisme. Si les gens ne lisent plus, on peut leur lire le texte. Je rêve de comédiens qui interprètent la Bible sur supports vidéo ou audio comme dans le clip ci-dessous, que nous avons fait réaliser pour servir d'exemple. 

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mayelo 02/01/2016 18:22

Super interesante el articulo. Nosotros como sociedad, no hemos llegado a esos extremos, depender de las tablets o smartphones, pero la razón no es cultural sino económica, el costo de conexión es aun caro en nuestro medio. Seguramente cuando bajes los precios estaremos en las mismas condiciones o peor, porque somos imitadores del primer mundo. O lo que es peor queremos ser mas papistas que el Papa. Un abrazzo