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ÉGLISE. CULTURE. NUMÉRIQUE.

Un frère et deux soeurs de la même fratrie face au culte dominical

28 Janvier 2014, 19:46pm

Publié par Henri Bacher

Un frère et deux soeurs de la même fratrie face au culte dominical

Courte analyse de ce que j'ai perçu derrière les images. Ce que les images ne disent pas ou peut-être ce que les images disent trop bien.

Il est clair que dans un clip de quelques minutes, les personnes ne peuvent pas exprimer toutes leurs opinions. Elles ont non plus le temps de les hiérarchiser. C'est pourquoi l'exercice vidéo est intéressant. Ça permet de capter, dès le départ, l'opinion dominante de la personne. Pour Johanne, elle met spontanémment en avant l'intégration de ses enfants dans la communauté. Pas seulement la prise en charge. C'est une notion nouvelle pour moi, ce besoin global, ce besoin de former un corps. Elle ne veut pas venir assister à des activités, elle veut s'intégrer dans un corps, avec ses enfants. On pourrait dire, elle cherche l'immersion. C'est aussi une notion, sous une autre forme qu'exprime Marie. Elle ose même parler d'intimité dans les relations. Pour notre génération des vieux routiers, le mot intimité est strictement réservé à la sphère privée. Elle s'étend à notre conjoint, à nos enfants, à nos parents et peut-être à un ou plusieurs amis très proches, mais de là à l'étendre plus loin, quelle horreur! Facebook a passé par là! La génération des Johanne et Marie ose mettre ses tripes à l'air. Les réseaux sociaux les y aident. Et dans l'église, perçoit-on cette évolution? Ou bien on continue à être des pourvoyeurs d'activités et d'articles comme celui que vous lisez à l'instant? Ces jeunes femmes n'ont pas mis en avant l'importance de l'enseignement du dimanche matin. Est-ce qu'on oserait écourter le sermon, lorsqu'on voit que l'heure avance et que les gens auront moins le temps de se rencontrer après le culte? La formation d'un corps spirituel ne se fait pas tellement par l'enseignement scolaire du dimanche matin, mais par la mise en commun de ses besoins intimes, par "le-prendre-soin-de-son-frère-ou-soeur", par la prière, par l'expérimentation en commun du divin, etc.


François est à l'opposé de ses deux soeurs. Celles-ci n'ont jamais quitté la communauté du dimanche matin. François l'a "boycottée". Carrément! Et les traces de ce temps, "loin du culte" se retrouve dans sa gestuelle. Dès le début de l'interview, il exprime avec ses mains en éventail dirigé contre la caméra, ce passage à vide. Il est encore aujourd'hui très critique vis-à-vis de l'église. Il n'aborde pas la question avec les mains ouvertes. Ce n'est pas le mouton perdu qui est revenu dans le bercail et qui a enfin compris comment on devait se comporter en communauté. Il a, certes, évolué vers plus de compassion pour l'église, mais il reste convaincu que nous devons changer. Et ce que je relève de plus fort dans ce qu'il dit, c'est qu'il attendait un berger, là où on attendait de lui qu'il rentre dans le moule du dimanche matin après avoir fait ses classes au groupe de jeunes. Tout naturellemenent! Comme si le passage d'une étape de vie à une autre, en spiritualité, c'est comme passer une douane sans formalités. Il n'a pas été aidé à le faire. Il attendait un "passeur", un pasteur. Nous pasteurs, nous sommes souvent de très bons théologiens, voire des psychologues, mais sommes-nous de vrais bergers-passeurs? Ce qui lui a manqué, c'est des objectifs, une vision pour sa tranche d'âge. Il l'évoque, d'ailleurs, à mots couverts dans ses propos. Ce qui l'a aidé à revenir sur le tissu communautaire, c''est qu'avec sa femme, ils partent avec une ONG missionnaire au Mexique. En fait, le théologien, le psy, le pasteur, le berger ne suffisent pas, il faut encore avoir des "visions" autre que celles de remplir les bancs le dimanche matin.

Henri Bacher

PS: Entre temps, François et Mélo sont revenus de deux ans au Mexique avec des perspectives spirituelles intéressantes.

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